Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome second.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-2]

Seite: 54
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Planche trente-huitième. — Le Flambeau de Vénus ;

Tableau par mademoiselle Mayer.

« Vénus, à son réveil, invite toute sa cour à venir
« puiser des ssammes à son flambeau. Les Amours ac-
« courent en foule autour d’elle ; leurs expressions
« et leurs attitudes annoncent les différens caractères
« des passions qu’ils inspirent. »

Telle est la pensée de ce joli tableau, exécuté avec
beaucoup de grâce et de légèreté, mais avec plus de
fraîcheur peut-être que de vérité dans le coloris. Ces
Amours , ou plutôt ces enfans ailés, sont représentés
de sexes différens. Quelques personnes ont blâmé cette
licence ; cependant elle n’est pas nouvelle , et semble
devoir ajouter à l’agrément de la composition.

On eût désiré plus de noblesse dans la figure de
Vénus, qu’on prendrait plutôt pour une nymphe
agréable que pour la déesse de la beauté} plus de
variété dans les formes et dans les traits de ces jolis
enfans , qui se ressemblent un peu trop, et paraissent
ne sormer qu’une même samille.

Elève docile et modeste, mademoiselle Mayer a pu
sans inconvénient, jusqu’à ce jour, s’attacher exclusi-
vement à la manière du peintre habile dont les leçons
et l’exemple ont formé ses talens (*). En effet, on re-
trouve dans le tableau de cette jeune artiste le goût
de composition de son maître , ses contours , ses airs
de tête, sa couleur. Parvenue maintenant à une grande
habitude d’exécution , il ne lui manque plus que d’ac-
quérir assez de confiance en ses propres forces pour
sortir des bornes de l’imitation.

Ce tableau a été acquis par S. M. l’Impératrice, et
destiné à orner la galerie du palais de la Malmaison.

(*) Mademoiselle Mayer est élève de M. Prud’hon.
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