Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome second.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-2]

Seite: 58
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba_salon1808_2/0095
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( 58 )

Planche quarante-troisième. — Mort du général Val-
hubert ; Tableau -par M. Peyron.

Ce brave général, à la bataille d’Austerlitz, fut at-
teint d’un obus qui le blessa à la cuisse gauche et ter-
mina en peu de jours sa glorieuse carrière.

L’ordre du jour portait qu’on ne relèverait les bles-
sés qu’après la bataille. Ses grenadiers, et M. Desdo-
rides, son aide-de-camp , le voyant nager dans son
sang , s’approchèrent pour l’enlever j il les repoussa
avec son sabre , en leur rappelant l’ordre , et leur re-
prochant leur faiblesse et leur peu de courage. Ils ne
parvinrent à l’emporter qu’après l’avoir désarmé.

Les figures de ce tableau sont de proportion demi-
nature. Il a été peint par ordre du gouvernement.

M. Peyron , dont la réputation est fondée sur de
très-belles productions tirées de l’histoire grecque ou
romaine, ne s’était point encore essayé dans les ta-
bleaux de batailles modernes. Il y a entre ces deux
genres si peu d’analogie, qu’il nous eût été difficile
d’attribuer ce tableau à son véritable auteur, si par
une longue habitude nous n’eussions appris à con-
naître la touche de cet artiste. Mais quelque succès
qu’il ait pu obtenir dans ce nouveau travail, son ta-
lent se développe toujours avec plus d’avantage dans
les sujets qui lui sont propres, c’est-à-dire ceux qui peu-
vent lui fournir ces masses tranquilles et imposantes,
ces groupes silencieux , ces caractères graves ou tou-
chans , ces beaux motifs de draperies, ces fonds d’une
noble architecture, dont il sait faire un si heureux
emploi.

Les amis de l’art doivent desirer que M. Peyron ne
cherche pas à sortir d’un genre où il a peu de rivaux
parmi ses contemporains.
loading ...