Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — Tome second.1808 [Cicognara Nr. 3401-22-2]

Seite: 95
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à qui elle appartient, et non par l’artiste. M. Appiani ,
débutant à Paris dans une carrière où les succès sont
si difficiles à obtenir, n’aurait voulu sans doute s’y
montrer qu’avec un ouvrage fini, et digne, par son
importance, de soutenir la célébrité dont il jouit dans
son pays.

M. Errante , peintre milanais, a envoyé un très-
grand tableau, dont le titre est le Concours de la beauté.
Le sujet est tiré de l’histoire grecque. La scène se
passe dans un temple de Cérès-Eleusine , on de jeunes
filles nues exposent leurs attraits aux yeux des artistes
et des philosophes qui doivent en saire l’examen et
donner le prix à la plus belle. v

Si le but du peintre, dans un sujet qui doit réunir
la grâce et la pureté des sormes, la douceur de l’ex-
pression , la fraîcheur et la vivacité du coloris , était
de donner à ces jeunes filles tant de charmes et de
beauté que les spectateurs du tableau éprouvassent
les mêmes sensations et le même embarras que les
juges du Concours , le succès n’a pas répondu à l’in-
tention. Le public a généralement remarqué delà froi-
deur dans l’ordonnance du tableau, de la roideur dans
le dessin, de la mollesse et de la maigreur dans les
draperies, enfin, une sécheresse de pinceau qui ne peut
être tolérée dans un sujet gracieux. Quant au coloris,
il manque d’éclat dans les lumières et de vigueur dans
les ombres. Les tons intermédiaires sur-tout sont pri-
vés de cette fraîcheur aérienne qui seule donne aux
carnations la vie et le relief.

En faisant ces observations sranches, nous sommes
loin de vouloir blesser ou éloigner des artistes étran-
gers , dont les productions viennent réclamer en France
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