Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1810

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des personnages qu’ils représentent, ni par le mérite
du travail; deux conditions dont l’une ou l’autre au
moins devrait mériter aux portraits les honneurs de
l’exposition.

Cet inconvénient n’aurait plus lieu si l’on pouvait
déterminer le nombre de portraits que chaque peintre
aurait droit de présenter. Mais l’intérêt particulier ré-
clame contre cette mesure : telle personne ne se
fait peindre que pour avoir son portrait au Salon ;
telle autre se croira mal servie par l’artiste , si le
portrait n’est pas compris dans le nombre de ceux
qu’il a pu faire admettre.

Quelques peintres, heureusement ils sont en petit
nombre, croient éblouir la multitude et commander
l’admiration par la proportion colossale de leurs fi-
gures, ou par l’énorme dimension de leurs ouvrages.
Ils pensent n’avoir point fait un tableau s’ils n’ont
rempli un cadre d’une grandeur démesurée; si, au
Salon, ils n’occupent à eux seuls un espace qui suf-
firait pour dix tableaux d’une proportion ordinaire.
Mais habiles à trahir leur propre gloire, ils n’ont pa3
prévu qu’aussitôt après l’exposition, faute d’un local
suffisant, quelques-uns de ces tableaux roulés et mis
à l’écart, peut-être ne reverront jamais le jour (Q, à

(i) Nous pouvons citer un exemple de cette vérité. Les ba-
tailles d’Alexandre , peintes par Lebrun, monument de l’art
sous un règne à jamais mémorable , placées autrefois dans la galerie
d’Apollon, qui, depuis la création du Musée, a reçu une destina-
tion nouvelle , n’ont pu être replacés faute d’un local convenable;
tandis que les chefs-d’œuvre du Poussin, exécutés dans une
proportion moyenne, sont tous exposés dans la galeiie du Musée,
»ù chaque jour ils attestent la gloire de leur auteur.
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