Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1810

Seite: 12
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba_salon1810/0017
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( 12 )

son zèle, du soin de concilier, s’il est possible, la-
gloire de l’art, l’avantage des arlistes, et les jouis-
sances du public.

Comme il est rare que les grands ouvrages soient
terminés long-temps avant l’époque du Salon , ce
n’est guère qu’au Salon même que nous avons la pos-
sibilité de les faire dessiner; de là vient toujours
quelque retard dans la publication de notre recueil.
Mais le tableau d'Andromaque et Pyrrhus , par M. Gué-
rin , a été mis d’avance à notre disposition; et nous
sommes d’autant plus flattés de pouvoir l’offrir à nos
lecteurs en tête de ce volume, que ce tableau connu
et exécuté dans le pur style héroïque, nous semble
être, dans son genre, le premier de l’exposition
actuelle.

Dans la peinture, comme dans la poésie, les sujets
tirés de l’histoire ancienne, et particulièrement de
l’histoire grecque et romaine, sont presque toujours
remarquables par la grandeur et la simplicité de la
pensée. Ils sont susceptibles d’un grand intérêt parce
que sous des mains habiles , ils réunissent la beauté
de l’ordonnance et la vérité des détails, la noblesse ,
la sévérité du style ; et le pathétique de l’expression.
Racine , celui de tous les poètes modernes , qui a
mis le plus de goût et de discernement dans le choix
de ses sujets, a puisé abondamment dans cette source
féconde, et s’est enrichi de ses trésors. On ne saurait
trop admirer l’heureux emploi qu’il en a fait dans ses
tragédies, et sur-tout dans Andromaque, dans Phèdre
et dans Iphigénie.

Comme les beaux arts ont entre eux des rap-
ports immédiats et saciles à saisir, les tragédies
loading ...