Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1810

Seite: 14
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pour dopner plus d’importance à l’action , et pour
faire ressortir les contrastes qui doivent résulter de
la différence des caractères et du jeu des passions.

Un tableau qui, dès le jour de l’ouverture du Salon ,
frappe vivement et attire la multitude, est rarement
un ouvrage médiocre, mais n’est pas toujours un ou-
vrage excellent : on en peut conclure que les succès
d’enthousiasme ne sont pas toujours les mieux mé-
rités ni les plus durables.

On a remarqué, au contraire, qu’un tableau dont
la composition est noble et sage, le style élevé, doux
et grave tout à-la-fois, le dessin correct et pris sur
la nature, l’effet simple, l’exécution nette et sans pré-
tention , n’était pas toujours jugé au premier aspect
aussi avantageusement qu’il le mérite; parce que les
beautés de ce genre ne frappent guère le commun des
spectateurs, et veulent être méditées.

Aussi les beautés du tableau d'Andromaque, dont le
succès va croissant de jour en jour, n’ont-elles pas été
aussi vivement senties qu’on devrait le présumer. Les
artistes ont été les premiers à en avertir le public.
Leurs éloges ne sont pas équivoques.

Les personnes d’un jugement léger, d’un esprit su-
perficiel , toujours plus affectées des impersections
d’un ouvrage que sensibles aux beautés qui les ra-
chètent, n’ont vu d’abord dans le tableau d’Andro-
maque qu’une composition un peu symétrique, un
ton blanc, trop généralement répandu, un geste fa-
milier dans la figure d’Oreste, une pose théâtrale et
quelque raideur dans celle de Pyrrhus, trop peu de
dignité peut-être dans l’Hermione, un fond nu , sans
profondeur, et qui ne fuit point assez, etc. Le groupe
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