Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1810

Seite: 15
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba_salon1810/0020
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( ‘5 )

d’Andromaque et Astianax a pourtant trouvé grâce
aux jeux des juges les plus difficiles; encore cette
draperie blanclie, si noblement ajustée, leur a-t-elle
paru ne point contraster suffisamment avec le ton
des objets qui l’avoisinent.

Il faut convenir que ces diverses critiques ne sont
pas sans fondement; elles n’ont d’injuste que l’im-
portance qu’on y a mise. Quelques retouches feraient
disparaître d’aussi légers défauts, et les éloges se-
raient sans restriction : car oa n’aurait plus qu’à louer
le grandiose de la composition , la justesse et l’élé-
vation des caractères, la correction des formes, la
beauté des draperies, sür-tout de celles d’Oreste et
d’Andromaque, la douleur touchante de cette mère
infortunée , la naïve sécurité de l’enfant, le beau
choix des détails, et sur-tout, si l’on peut s’exprimer
ainsi, cet accent grec, cette empreinte vraiment an-
tique , qui distinguent cette noble production.

Nous avons dit déjà que le tableau d’Andromaque
nous semblait être, dans son genre, le premier de
l’exposition. Ajoutons que non-seulement il se sou-
tiendrait avec avantage auprès du Marcus Sextus et de
la Phèdre, auxquels l’artiste a dû sa célébrité , mais
qu’il leur est supérieur sous presque tous les rapports.
En créant ce bel ouvrage, M. Guérin a répondu vic-
torieusement à ceux qui prétendaient voir dans quel-
ques autres productions postérieures et beaucoup moins
heureuses, de la main du même artiste, des signes
certains de la décadence de son talent.
loading ...