Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1810

Seite: 19
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Planche sixième —■ l’Aurore et Céphale ; Tableau cle
M. Guérin.

« L’Aurore, accompagnée de l’Amour, soulève le voile
étoilé de la Nuit, et répand des fleurs sur la terre.
Dans sa course rapide, elle a vu Céphale endormi ;
elle en devient éprise, et ravit le jeune chasseur à la
tendresse de son épouse ». Céphale livré au sommeil
et mollement étendu sur un nuage , paraît s’élever
doucement vers les cieux. Une étoile qui brille au-
des sus delà tête de l’Aurore-éclaire d’une lumière
douce et paisible cette scène de volupté. La figure
de la déesse est svelte et gracieuse; ses bras sont nus;
aucun voile ne cache sa poitrine ni ses épaules. Une
robe légère et transparente, attachée au-dessous de
son sein, descend jusque sur ses pieds, dont un seul
est aperçu à travers les nuages.

Ce sujet charmant, digne des pinceaux du Corrgèe,
se prêtait moins peut-être au talent de M. Guérin,
qu’un programme purement historique où tout doit
être vigoureusement prononcé. Accoutumé à donner
à ses productions un caractère énergique, il semble
avoir cherché dans cette occasion plutôt à imiter les
formes et la couleur que lui présentaient des modèles
bien choisis, qu’à créer, comme son sujet le lui per-
mettait , le lui commandait peut-être , une nature cé-
leste , aérienne. La composition du tableau est pleine
de goût, le dessin en est correct, les cai’nations en
sont brillantes , l’effet général en est franc et décidé ,
mais on y eût désiré des formes encore plus coulantes
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