Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1810

Seite: 28
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Planche treizième. Angélique et Medor - Tableau de

M. Berthon.

L’artiste a choisi le moment où Angélique, après
avoir secouru Médor blessé, le sait transporter chez
le berger, et aide elle - même à le descendre de
cheval.

Ce tableau , l’un des plus agréables du Salon , y a
été vu avec intérêt. Ce qui flatte l’œil plaît toujours,
et lorsque l’œil est satissait, l’esprit cherche rare-
ment à se rendre compte du reste. En nous expri-
mant ainsi, nous ne voulons pas insinuer qu’il y ait
beaucoup à desirer dans le tableau de M. Berthon.
Son groupe est bien disposé, d’un bon goût de des-
sinées détails en sont finis, et le ton général assez
fin et assez lumineux. Mais il nous a semblé que les
deux personnages principaux ne répondaient pas à
l’idée qu’on se fait, en lisant le poème du Tasse, de
cette belle reine du Cathay , et du charmant guerrier
dont elle a été si subitement éprise. Angélique, même
sous les habits d’une simple bergère, devrait avoir
plus de noblesse dans ses traits, plus de dignité dans
son maintien. Elle n’aide point Médor à descendre
de cheval, elle se pose avec une sorte de coquetterie ;
et, contre toute convenance, son visage paraît tou-
cher Celui de Médor. Celui-ci a peu de caractère:
sans son armure on le prendrait pour un jeune pâtre
d’une physionomie douce , et souffrant. Les autres
personnages sont généralement faibles d’expression.

M. Berthon a négligé de se rendre compte du mou-
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