Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1810

Seite: 31
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Flanche quinzième et seizième. — L’Empereur Napoléon
recevant à Tilsitt S. M. la reine de Prusse.

Les tableaux d’apparat, dans le style proprement
dit historique, présentent beaucoup moins de diffi-
cultés que les sujets d’action et d’expression pathé-
tique. Les derniers exigent une profonde connaissance
des passions, celle des convenances, la correction du
dessin, la simplicité et la pureté d’exécution. Les
premièrs , au contraire, semblent ne requérir qu’une
imagination vive, abondante, sujette même à quel-
ques caprices, mais aidée d’un pinceau brillant et
facile : comme on le voit dans la plupart des ta-
bleaux de Rubens, et dans ceux de Paul Véronèse-

Il n’en est pas ainsi des sujets d’apparat, dans le
style français moderne , dont le costume se refuse
aux mouvemens pittoresques, et dont la composi-
tion ne présente pour l’ordinaire que des person-
nages en représentation, des groupes oisifs et immo-
biles. Ce genre ( qu’il ne faut pas confondre avec
celui de nos batailles , fortes d’action , de caractère
et d’énergie ), entraîne de plus grandes difficultés
qu’on ne le pense communément. Il demande non pas
de belles poses, bien cadencées, mais celles que
donne le maintien habituel des personnes que l’on
veut faire revivre sur la toile, une ressemblance
exacte, et sur-tout l’art de grouper, sans disparate ,
et sans trop s’écarter de la vérité, un grand nombre
de figures qui, toutes prises d’après nature, diffèrent
nécessairement de grandeur et de proportion.
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