Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1810

Seite: 43
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élevé. L’intérêt qu’il inspire à son défenseur est noble
et touchant On aime à retrouver ce sentiment d’une
tendre pitié au milieu de l’explosion des passions
les plus cruelles ; et il frappe d’autant plus, qu’il se
manifeste dans un homme que l’on croirait inca-
pable de l’éprouver.

Les bornes de cet article nous empêchent de pour-
suivre dans tous leurs détails l’examen des plus belles
parties de ce tableau ; mais nous ne pouvons nous dis-
penser de citer entre autres le soldat vu de dos et
renversé sur le premier plan, l’Africain ajustant un
coup de pistolet, et la tête coupée d’un jeune dragon,
dont le visage, que l’artiste a craint de trop défigurer,
conserve encore la douceur et la beauté des traits,
et la finesse du coloris.

Le sujet de la révolte du Caire n’offrait aucun fait
particulier, aucun personnage important; et le tableau,
n’a pu se composer que d’épisodes, fruits de l’imagi-
nation du peintre : il en était d’autant plus difficile
à traiter , et l’exécution devait en faire le principal
mérite; aussi l’artiste a— t il employé toutes les res-
sources de son talent pour faire valoir un fond ingrat:
il y a réussi. On chercherait en vain dans toute l’ex-
position de cette année des figures plus fièrement po-
sées et ajustées , des nus plus correctement dessinés,
des têtes d’un caractère plus énergique et plus fine-
ment étudiées , des draperies plus vraies , des acces-
soires mieux choisis, des détails exécutésd’un pinceau
plus brillant et plus fini.

Au premier aspect , et les critiques en ont fait
l’observation , on trouve dans ce tableau un peu de
fracas ( défaut qui toutefois n’est pas ordinaire à un
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