Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1810

Seite: 58
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puisqu’il la perd en combattant pour le héros qu’il
salue de ses derniers regards. Un chasseur apporte
le drapeau qu’il a enlevé à l’ennemi, et meurt au
moment où il vient déposer ce gage de sa valeur aux
pieds du souverain dont un coup-d’œil vient de le
récompenser. Un mamelouck, obligé de mettre pied
à terre , semble abandonner avec peine son cheval
renversé et mourant. Sur un plan plus éloigné, on
aperçoit un groupe d’officiers de cavalerie , qui vient
de s’ouvrir pour laisser passer le général Rapp.

Telle est l’ordonnance de ce tableau, remarquable
par l’importance de l’action, par la belle disposition
de l’ensemble, et par le soin avec lequel les détails sont
rendus. Le calme et la sérénité du principal person-
nage , du héros que la fortune ne peut trahir, contras-
tent heureusement avec l’impétuosité du jeune guer-
rier qui vient lui annoncer la victoire, et dont le mou-
vement est plein de chaleur et d’enthousiasme. Tous
les autres se distinguent par la vérité et la noblesse
des caractères.

La couleur générale du tableau est un peu sombre;
peut-être est-ce un effet du ciel orageux dont il est
éclairé. Les personnages sont un peu trop pressés du
côté de l’Empereur. On dirait que l’air ne circule pas
assez librement dans cette partie de la scène. Quel-
ques critiques ont remarqué que le mouvement du
cheval qui porte le 'général Rapp était trop précipité ;
qu’il était lancé de manière à ne pouvoir s’arrêter
devant l’Empereur. L’observation est matériellement
vraie, mais ce mouvement était nécessaire pour in-
diquer l’action. Le défaut de ce cheval, comme de
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