Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1810

Seite: 72
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C )

tant ses aigles, son nain tenant le faucon, et le Prima-
tice cherchant à esquisser les traits de l’empereur.

En rapprochant dans un seul cadre les diverses
circonstances de son sujet, l’artiste a eu le talent
d’éviter tout à-la-sois la confusion et l’incertitude ; il
n’y a mis rien d’inutile , il n’a rien omis de ce qui
était nécessaire. La disposition et le choix des per-
sonnages indiquent seuls un goût délicat, un esprit
cultivé.

Cette scène, très-curieuse et très-piquante , est con-
çue et rendue de la manière la plus ingénieuse. Le
costume du temps y est employé avec grâce -7 les sigu-
res sont parsaitement en action , bien dessinées , et ont
le caractère convenable. Le peintre a su conserver la
ressemblance des personnages principaux : la duchesse
d’Etampes et les jeunes femmes qui l’accompagnent
forment un des plus jolis groupes que l’on puisse
imaginer.

L’effet du tableau est vigoureux , le coloris simple
et vrai ; la touche a le degré de fini le plus désirable
dans les tableaux de cette dimension: elle se maintient
entre deux écueils que n’évitent pas toujours les pein-
tres qui s’adonnent, depuis quelque temps , aux sujets
du genre de celui-ci ; savoir , ce fini excessif qui dé-
génère en mollesse et en froideur, ou ce pinceau né-
gligé qui annonce un talent superficiel, un esprit
incapable de se livrer à une étude solide et appro-
fondie.

Depuis long-temps ou n’avait vu au salon un aussi
charmant tableau. Ce premier ouvrage d’un jeune
artiste ne serait pas déplacé dans la collection la plus
recherchée.
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