Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1810

Seite: 76
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Les nus sont dessinés correctement, et offrent de
belles formes ; l’exécution en est moëlleuse et géné-
ralement soignée, du moins dans les figures princi-
pales , qui sous ce rapport sont infiniment supérieures
à quelques-unes des figures accessoires , telles que les
saunes et les bacchantes. Ces dernières paraissent
même négligées. Madame Mongéz aura sans doute
été pressée par l’époque de l’exposition.

Le tableau , en général, laisse à desirer un peu plus
de chaleur d’expression; mais la tête de Vénus est
belle, noble et gracieuse ; le bras et la main qu’elle
tient élevés sont dessinés dans le meilleur goût, et d’un
coloris très-suave.

Le public , toujours moins occupé des détails que
de l’ensemble , ou plutôt de l’effet que lui fait éprou-
ver le premier aspect d’un tableau, a généralement
blâmé la pose de la principale figure. En esfet , ma-
dame Mongez ne s’est point montrée assez sévère dans
le choix de cet objet capital; peut-être même aura-
t-elle adopté comme une nouveauté heureuse le pre-
mier mouvement du modèle qu’elle a posé pour la
composition de son esquisse.

Il faut donc convenir que cette seule figure a pu
déprécier le tableau , et prévenir le public contre le
reste de l’ouvrage.

Cependant nous ne considérons cette faute que
comme accidentelle , et nous la croyons très - rémis-
sible. Elle eût pu échapper à l’artiste le plus consom-
mé, et l’on en trouverait de semblables dans les ta-
bleaux des plus grands maîtres.

Un reproche plus fondé peut-être , parce qu'il tient
au fond du talent de l’artiste, serait celui du manque
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