Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1810

Seite: 80
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( 8o )

Planche cinquante-cinquième et cinquante-sixième. —
S. M. l’Empereur reçoit, au quartier-général à Fin-
kenstein , Mirza , député vers lui par le sophi de
Perse, en qualité d ambassadeur.

Ce sujet , purement d’apparat , et privé d’action ,
est néanmoins susceptible d’un effet piquant , par la
variété et l’opposition des caractères et des costumes.
L’artiste a atteint une partie de son but, mais il n’a
pas également réussi dans la représention de son prin-
cipal personnage. Pour lui donner l’importance et la
dignité nécessaires , peut-être ne fallait-il pas l’isoler
absolument, mais l’accompagner d’objets propres à le
faire ressortir d’une manière avantageuse. Les lignes
droites de cette embi'asure déporté, dans laquelle il
est comme encadré , ajoutent encore à la raideur et
à l’immobilité de l’attitude. Un autre défaut de ce ta-
bleau est la brusque dégradation de la perspective; il
y a une trop grande disproportion entre les figures des
premiers plans et celles des plans un peu plus reculés ;
il n’y a pas plus de quatre à cinq pieds de distance
entre les premières et les dernières, et la diminution
comparative ne pourrait être produite que par une
distance beaucoup plus considérable. Il en résulte donc
une disparate choquante : ou les figures les plus proches
de l’œil paraissent colossales , ou les plus éloignées
semblent d’une stature mesquine.

Le tableau de M. Mulard offre d’ailleurs un grand
nombre de détails bien exécutés, des têtes fortes de
caractère et de coloris.
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