Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1810

Seite: 91
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Planche soixante - septième. — Homère chantant ses
œuvres chez Glaucus ; Tableau de M. Perrenot.

On n’avait sans doute remarqué dans aucune des
expositions précédentes un aussi grand nombre d’ou-
vrages , nous ne dirons pas du premier ou du second
ordre , mais dans un genre que le public accueille
toujours avec intérêt, soit pour l’agrément du sujet,
soit pour la correction du dessin , la vérité du
coloris , ou le goût de l’exécution. Sous plus d’un
rapport , le tableau dont nous donnons ici l’esquisse
mérite d’être cité avec distinction. C’est l’ouvrage d’un
jeune artiste qui s’est produit en public pour la pre-
mière fois.

Ce tableau , représentant le premier des poètes ,
pauvre et aveugle , réduit à chanter ses vers sublimes
pour obtenir les secours dus à l’indigence , offre un
sujet plein d’intérêt , et digne d’une profonde médi-
tation. On peut dire que l’artiste l’a bien conçu , qu’il
a donné à sa scène et h ses personnages le caractère
qui leur est propre , et sur-tout qu’il en a soigné l’ex-
pression générale; ce mérite, trop peu apprécié de la
plupart des artistes , annonce dans celui qui en est pé-
nétré de la sensibilité, un esprit orné, un jugement
solide (*).

(*) Au moment où nous corrigeons l’cpreuve de cet article,
nous apprenons que M. Perrenot est mort durant le cours de
l’exposition. Sa perte doit causer de viss regrets : ce jeune artiste
donnait les plus heureuses espérances.
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