Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1810

Seite: 100
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( IOO )

sigures , de grande proportion , présentent un goûî
de dessin coulant, large , correct, des expressions
nobles et sages, un coloris suave, un pinceau fini,
semblait être d’un ton pâle, et découpé sur un sond
triste et trop peu lumineux. Les cheveux d’Adam,
sa barbe énormément touffue , saisaient paraître cette
ligure plus engoncée qu’elle ne l’est en esset. Celle
de Caïn, placée sur un point assez éloigué, semblait
beaucoup trop petite , parce que les détails , trop pro-
noncés dans leur exécution , la ramènent en quel-
que sorte sur le premier plan. Ce dernier désaut est
le plus capital de l’ouvrage. Quant au fond du tableau ,
il est bien composé , touché agréablement, et n‘a
peut-être d’autre défaut que celui de ne point offrir
quelque grande masse de lumière au moyen de la-
quelle il puisse se lier avec les sigures. Elles y sem-
blent isolées , et ne point se prêter à l’esset général.
Au surplus ce tableau est, parmi les ouvrages des
jeunes artistes , un de ceux qui plus sûrement an»
noncent le bon goût et la connaissance, ou pour
mieux dire le sentiment, des grands principes de l’art.

M. Monsiau , qui a précédemment traité avec suc-
cès, et sur-tout avec goût et érudition , quelques anec-
dotes intéressantes du temps de Louis XIY, a peint
cette animée la Retraite de madame de la Vallière aux
Carmélites. Pénétrée de regrets , elle se jette aux ge-
noux de la supérieure en lui disant : « Ma mère , j’ai
« toujours fait un si mauvais usage de ma volonté,
* que je viens la remettre entre vos mains, pour ne
» la reprendre jamais ». Le même artiste a exposé
quatre autres tableax : Rhiloctète dans 1 île de Lemnos ,
Un Trait de la valeur d'Alexandre au siège de la ville-
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