Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1814

Seite: 17
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C '7 )

Planche septième. — Sapho et Pliaon chantant leurs
amours; Tableau de M. Drolling.

Le Peintre a vraisemblablement tiré son sujet des
Voyages d'Antenor, où l’on trouve le récit des amours
de Pliaon et de Sapho. L’auteur suppose que Sapho
elle-même en a tracé l’histoire, et qu’elle a confié son
manuscrit à un voyageur, avant de se précipiter du haut
du rocher de Leucade.

« Pour varier nos amusemens et nos occupations , le
jour, au frais, sous des berceaux, je lui apprenais le
rythme des vers , l’art enchanteur d’unir le sentiment,

l’harmonie à la vivacité des images. Quelquesois ,

lorsque le midi versait ses torrens de feux sur la terre
embrasée, nous nous retirions dans une grotte tapissée
de mousse ; là , couronnée de sseurs, je chantais sur ma
lyre les charmes du printemps, les bienfaits de Gérés,
les doux plaisirs, l’ivresse de l’amour.»

Ce petit tableau paraît sortir du genre auquel
M. Drolling a plus spécialement consacré ses pinceaux,
le genre des scènes familières. Les amours de Phaon et
de Sapho sont d’un style plus relevé. Cependant les
formes et le caractère que le Peintre leur a donnés,
ne seraient pas désavoués par un Peintre d’histoire ; il
a, de plus, saisi assez heureusement la physionomie
de Sapho , telle qu’ou peut se la figurer d’après le rap-
port de quelques écrivains. Privée du don de la beauté,
Sapho avait les yeux petits , mais étincellans de feu et
d’esprit. La volupté , la flamme du génie, la sensibilité
se peignaient sur son visage , ou plutôt s’unissaient
comme des couleurs sondues ensemble, pour lui donner
une physionomie des plus piquantes.

Salon de 1814-
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