Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1814

Seite: 18
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba_salon1814/0027
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( iS )

Planche huitième, — Saul • Tableau de M. Lafond.

Saiil, livré à ses remords , entrait souvent dans une
sombre frénésie, et croyait voir l’ombre de Samuel
lui annoncer les décrets immuables de Dieu , en lui
montrant son successeur. Ni les soins touchans de ses
filles, ni les chants de David, ne purent rendre le
Calme à son ame. Peu après, son armée ayant été
taillée en pièces , il crut sa mort inévitable et se perça
lui-même de son épée.

Soit pour étudier plus scrupuleusement les détails
de sa composition , soit pour en rendre l’efset plus
imposant, le Peintre a donné à ses personnages une
proportion plus forte que nature. Il saut convenir que
ce parti est louable sous l’un et l’autre rapport ; mais
qu’il est peu propre à favoriser certains intérêts qu’un
artiste ne doit pas dédaigner, quel que soit son amour
pour la gloire. En effet, il y a peu de cabinets de
peinture qui puissent admettre un tableau de la gran-
deur de celui-ci ; et sa forme , en largeur , ne le rend
guère susceptible d’orner une église. Cependant, quel-
que austère qu’en soit le sujet, s’il eût été exécuté
dans de petites proportions, ce morceau eût pu con-
venir à plus d’un amateur, parce que l’effet en est
vigoureux et que les costumes sont d’un bon choix.
Cette observation peut s’appliquer à plusieurs autres
tableaux de l’exposition actuelle , que leurs dimensions
colossales rendent fort incommodes et pour le trans-
port et pour le placement, sans rien ajouter ni à la
réputation , ni à la fortune des auteurs.

Le dessin de la figure principale du tableau de Saiil
en est la partie faible ; le mouvement du corps est
sorcé, et parait devoir causer la rupture de la colonne
vertébrale.
loading ...