Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1814

Seite: 29
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C 29 )

Planche dix - huitième. — La Tendresse maternelle ;

Tableau de M. Blondel.

Ce tableau, inscrit dans le catalogue du Musée, sous
ce titre un peu vague, et qu’on croirait plus propre à
quelque sujet moderne ou purement d’imagination ,
offre un trait de l’antiquité trop connu pour qu’il sût
besoin d’en dénaturer l’indication. Il représente Hécube
évanouie dans les bras de ses semmes à l’aspect d’Ulysse
qui vient, d’après l’ordre des Grecs, enlever Polixène,
pour l’immoler sur le tombeau d’Achille.

Le peintre paraît avoir suivi la tradition d’Euripide
dans sa tragédie d’Hécube, ou celle d’Ovide dans ses
Métamorphoses. Car, selon d’autres, Polixène termina
d’une autre manière sa vie et ses malheurs. Achille,
ayant vu cette princesse pendant une trêve, en devint
amoureux et la fit demander en mariage à Hector.
Le prince troyen la lui promit, à condition qu’il aban-
donnerait le parti des Grecs. Mais cette proposition
honteuse 11e fit qu’exciter l’indignation d’Achille, sans
diminuer son amour. Lorsque Priam alla redemander
le corps d’Hector, il mena avec lui Polixène, pour
être plus savorablement reçu. En effet, on dit qu’A-
chille renouvela sa demande , et consentit même à
aller secrètement épouser Polixène , en présence de
sa samille , dans un temple d’Apollon , qui était entre
la ville et le camp des Grecs. Paris et Déiphobe s’y
rendirent avec Priam ; et dans le temps que Déiphobe
tenait Achille embrassé , Paris lui porta un coup mor-
tel. Polixène, au désespoir de la mort d’un prince
qu’elle aimait , et d’eu être la cause innocente , se
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