Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1814

Seite: 33
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Planche vingt-unième et vingt - deuxième. — La
Résurrection • Tableau de M. Ansiaux.

Depuis long-temps c’est une rareté que de voir au
Salon un tableau d’église. Il y a vingt ans , l’auteur
d’un morceau de ce genre se fût rendu ridicule, si
toutefois il n’eût pas été noté comme suspect. On peut
se rappeler qu’alors, pour briller à l’exposition, il
n’y avait pas de meilleur moyen que d’y présenter
quelque sujet bien atroce, traité dans un style bar-
bare ; ou de frapper aveuglément, sous le voile d’une
allégorie absurde, ce que les lois divines ou humaines
ont de plus vénérable et de plus sacré. Ajoutons,
qu’indépendamment de l’ineptie des idées, ces ou-
vrages , sous le rapport de l’exécution, étaient, pour
la plupart, fort au-dessous de la médiocrité : car il est
reconnu que , parmi ceux de nos artistes que distin-
guent tout-à-la-fois un grand talent et un noble carac-
tère, aucun n’a souillé ses pinceaux ni terni sa répu-
tation par ces productions monstrueuses.

Quelques années ensuite, c’est-à-dire à l’époque où
nos armées, répandues dans toute l’Europe, obtenaient
à force de sang des triomphes trop chèrement payés,
les peintres de batailles furent favorisés entre tous
les artistes -, et bientôt, pour obtenir de l’emploi,
presque tous s’érigèrent simultanément en peintres
de batailles. On ne vit alors que grands et petits
tableaux de cette espèce , que scènes de dévasta-
tion , d’horreur et de carnage. Celui qui avait fourni
les sujets ou plutôt les modèles de ces représentations
sanglantes, envisageait la gloire de la nation bien

Salon de i8i4- 5
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