Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1814

Seite: 38
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Arrivé à Thèbes, Œdipe trouve la ville désolée pa?
le sphinx. La main de la reine et la couronne sont
promises à celui qui délivrera Thèbes. Œdipe est vain-
queur. et épouse Jocaste , sa mère, qu’il ne connaît
pas. Quatre ensans, Ethéocle etPoljnice, Antigone et
Ismène , furent le fruit de cet Irymen funeste.

Œdipe apprend enfin le secret de sa naissance, et se
reconnaît tout à-la-fois parricide et incestueux. Jo-
caste, au désespoir, se donne la mort ; Œdipe s’ar-
rache les jeux , est chassé par ses fils, et s’enfuit avec
sa sille Antigone, qui seule le soutient et guide ses pas.
11 s'arrête près d’un bourg de l’Altique, nommé Co-
lonne, dans un bois consacré aux Euménides.

Ce moment est celui qu’a choisi l’auteur du tableau
dont nous donnons l’esquisse. Les figures sont de gran-
deur naturelle.

On voit sur un rocher isolé Œdipe assis près de sa
chère Antigone , qu’il presse doucement sur son sein.
Ses jeux baissés annoncent l’accablement qu’il éprouve.
Sa fille détourne la tête, et, jetant ses regards hors
du tableau, semble indiquer qu’elle voit quelqu’un
s’approcher. On découvre dans le sond le portique du
temple des Euménides.

Ce tableau est d’un goût de dessin large et assez,
correct; mais, sous le rapport poétique, peut-être
l’auteur ne s’est-il point montré assez pénétré de son
sujet. On ne retrouve ni dans l’expression des figures ,
ni dans l’ajustement et les nuances des draperies , ni
même dans l’effet général du. tableau, cet abandon ,
cette austérité que la situation commande. M. Rouget
semble avoir été plus heureux dans l’exécution de quel-
ques portraits qu’il a exposés au salon ; ils caracté-
risent plus positivement son talent.
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