Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1814

Seite: 51
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( 5r )

Planche trente-sixième. — Anne de Roulen condamnée
à mort.

Ce joli tableau de chevalet, l’un des plus ïntéressans
et des mieux rendus de l’exposition , est annoncé sous
le simple titre d'Anne de Boulen condamnée à mort.
L’auteur , qui n’explique pas autrement son sujet, a
représenté cette jeune et malheureuse reine assise dans
son appartement, accompagnée de deux de ses femmes,
et assistée d’un évêque. On voit plus loin quelques
autres ecclésiastiques. A genoux devant la reine , un
personnage, dont le costume annonce un membre du
tribunal qui a jugé Anne de Boulen, paraît lui donner
lecture de l’arrêt qui la condamne. Derrière ce per-
sonnage on aperçoit un juge debout, et les gardes qui
les ont escortés.

A moins que l’auteur du tableau n’ait eu quelque
tradition qui l’autorise à représenter Anne de Boulen
recevant sa sentence de mort au moment de quitter
son appartement pour aller à l’échafaud., on pourrait
croire qu’il s’est permis une licence ou un anachro-
nisme. Hume, dans son. Histoire d’Angleterre, s’ex-
prime ainsi : « La reine et son srère furent jugés par
une assemblée des pairs, composée du duc de Suffolk,
du marquis d’Exeter, du comte d’Arundel et de vingt-
trois autres ; leur oncle , le duc de Norfolk, y présidait
comme grand-maître d’Angleterre... Quoique la reine
ne fût assistée d’aucun conseil, elle se défendit avec
beaucoup de force et de présence d’esprit; les specta-
teurs ne purent s’empêcher de l’absoudre au fond de
leur ame. Cependant cet odieux tribunal rendit im
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