Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1814

Seite: 52
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jugement contre elle et Rochesord. Le dispositif de
l’arrêt fut qu’elle serait brûlée ou décapitée, selon le
bon plaisir du roi. Lorsque cette terrible sentence fut
prononcée à la reine, ellé n’en parut point épouvantée ;
mais, levant les yeux au ciel, elle dit : « O mon père !
« ô mon créateur ! vous qui êtes la voie de la vie, vous
«savez que je ne mérite pas la mort. » Elle se tourna
ensuite vers ses juges , et fit des protestations les plus
pathétiques de son innocence......

« En effet, dit ce même historien , l’innocence de
cette reine infortunée ne peut raisonnablement être
révoquée en doute. Henri lui-même , dans les plus
violens accès de sa rage, ne savait qui accuser d’être
son amant; quoiqu’il imputât cet attentat au propre
frère de cette princesse et à quatre autres personnes,
il ne put en établir la moindre preuve. Le roi acheva
de la justifier de la manière la plus convaincante, en
épousant Jeanne de Seymour le lendemain même de
cette.exécution. L’impatience de ce prince à satissaire
sa nouvelle passion lui fit braver toutes les bienséances;
son cœur faible et barbare ne sut pas même attendri
un moment par la catastrophe sanglante d’une personne
qui avait été long-temps l’objet de son amour effréné. »
Onze ans auparavant, Henri avait faitannuller son ma-
r iage avec Catherine d’Arragonpour épouser Anne de
Boulen , qui n’était que simple demoiselle et avait été
nommée fille d’honneur de celle reine.
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