Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1814

Seite: 55
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Planche trente-huitième. — Phèdre jugée aux ensers ;

Tableau de M. Trézel.

Quoique l’auteur paraisse avoir tiré son sujet d’une
scène de la tragédie de Racine, elle appartient toute
entière au peintre. Le poète n’a fait que l’indiquer par
ces vers qu’il a mis dans la bouche de Phèdre, et le
peintre a mis en action une pensée purement abstraite :

Où me cacher ? Fuyons dans la nuit infernale 5
Mais que dis-je? Mon père y tient l’urne fatale3
Le sort, dit-oïi , l’a mise en ses sévères mains :

Minos juge aux enfers tous les pâles humains.

Oh ! combien frémira son ombre épauvantée
Lorsqu’il verra sa sille à ses yeux présentée,

Contrainte d’avouer tant de forfaits divers ,

Et des crimes peut-être inconnus aux enfers!

Que diras-tu, mon père, à ce spectacle horrible ?

Je crois voir de ta main tomber l’urne terrible ;

Je crois te voir, cherchant un supplice nouveau ,

Toi-même de ton sang devenir le bourreau.

Pardonne. . . . ..

Le peintre a supposé que Phèdre, descendue aux
enfers, se présente seule au tribunal terrible présidé
par Minos; elle tient encore l’épée qu’elle avait arra-
chée des mains d’Hippolyte : elle paraît plongée dans
l’abattement de la honte et de la douleur. Le voile
qui lui couvrait le visage s’est écarté et laisse aperce-
voir ses traits. Minos , ayant à ses côtés Eaque et Ra-
damauthe, se lève , saisi d’horreur , et laisse tomber
l’urne fatale. Le lieu de la scène est un palais d’une
architecture austère; il est placé sur les bords même
de l’Achéron , où l’on aperçoit dans le lointain Caron
conduisant sa barque. Le fond représente une voûte
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