Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1814

Seite: 58
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Planche quarantième. — Homère chantant ses poésies

dans une des places de la Grèce ; Tableau de

M. Bouchet.

On ne sait ni l'époque ni le lieu de la naissance
d’Homère -, on présume seulement qu’il vécut peu de
temps après le siège de Troie, et qu'il put en ap-
prendre les principaux évènemens des guerriers qui
s’y étaient trouvés. Nous ignorons aussi comment ses
poèmes ont été conservés. On prétend que des chantres,
appelés rapsodes , les chantaient par parties détachées
dans les villes et dans les bourgs, comme les Calédo-
niens chantaient les poèmes d’Ossian, et que Pisis-
trate , tyran d’Athènes , fut le premier qui leur donna
l’ordre dans lequel ils nous sont parvenus. D’autres
pensent que Lycurgue les avaient déjà recueillis.

Enfin , on ne sait rien de certain sur sa vie; ou
assure qu’il vécut pauvre et aveugle; que , méconnu
et dédaigné de son vivant, il fut réduit à mendier
son pain dans les sept villes, qui, après sa mort, se
disputèrent l’honneur d’avoir été son berceau et éle-
vèrent des temples à sa mémoire.

Ces différentes traditions ont sans doute dirigé l’au-
teur du tableau dans le choix de sa composition. Ho-
mère, assis à l’entrée d’un temple , chante ses vers
sublimes en s’accompagnant sur la lyre; ses paupières
baissées annoncent que ses yeux sont pour jamais ser-
més à la lumière. Les offrandes qu’il reçoit de la foule
dont il est entouré indiquent son affreuse indigence.
XJn rapsode , assis à ses pieds sur la première marche
du péristyle, paraît recueillir ses poésies. A l'émotion
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