Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1814

Seite: 68
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Planche quarante-septième. — Psyché; Dessin de
M. Fragonard.

M. Fragonard a exposé au Salon trois dessins capi-
taux , à-peu-près de même dimension , et dont aucun,
n’est annoncé dans le catalogue. Nous ne pourrons en
donner l’explication que d’après des conjectures.

L’auteur de la composition qui fait le sujet de cet
article a représenté Psyché recevant la visite de ses
sœurs. Il a sans doute choisi le moment où ces mé-
chantes femmes persuadent à la jeune épouse d’un
dieu qui ne s’est point encore fait connaître, que cet
époux est un monstre, qui bientôt doit la dévorer.
Elles lui conseillent de se munir d’un poignard et de
le frapper lorsqu’il sera enseveli dans un profond som-
meil. Derrière elles, on voit Cupidon debout , nu,
armé de son arc et appuyé sur le dos d’un siège. M
s’est rendu invisible à leurs yeux pour s’assurer de
leurs desseins perfides. La scène se passe dans l’appar-
tement de Psyché ; le sond en est obscurci par un
nuage épais. L’effet de ce morceau est tout-à-fait
idéal, et le clair obscur en est très-ingénieux et très-
piquant. Les figures ont de la grâce, de l’élégance ; et
si le dessin n’est pas d’une extrême sévérité , l’artiste
y a du moins répandu un charme qui lui est particu-
lier , et lui assure un rang distingué parmi les dessi-
nateurs les plus séconds et les plus spirituels.

Ce dessin est au crayon noir et d’un fini précieux.
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