Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1814

Seite: 69
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba_salon1814/0115
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( 69 )

Planche quarante-huitième. — Pyrrhus à la cour de
Glaucias ; Dessin de M. Fragonard.

Pyrrhus était encore au berceau lorsqu’Eacide, soit
père, fut tué par les Molosses révoltés. Quelques ser-
viteurs fidèles étant parvenus à soustraire le jeune prince
aux meurtriers qui voulaient massacrer toute la fa-
mille royale, s’échappèrent de leurs mains , et se
résugièrent près de Glaucias, roi d’Esclavonie. Ils
implorèrent la bonté du monarque, qui redoutait Cas-
sandre , mortel ennemi des Eacides, et ne savait ce
qu’il devait faire. Cependant le jeune Pyrrhus, se traî-
nant de, lui même aux pieds de Glaucias , prit le bout
de sa robe et s’éleva sur ses pieds contre les genoux
du roi. Le roi se mit à sourire, et, cédant à la pitié et
aux instances de la reine , accueillit l’ensant, le fit
élever comme sou propre fils, et, lorsqu’il eut atteint
l’âge de douze ans , le rétablit dans son royaume.

M. Fragonard a traité ce sujet gracieux et touchant
comme l’eût fait un sculpteur qui n’aurait voulu pro-
duire qu’un bas-relief ou une portion de frise : la
composition n’en est point assez nourrie. La simplicité
du style antique ne veut point être portée à l’excès,
sur-tout dans la peinture ; et le sujet, dont il s’agit,
admettait une ordonnance plus riche et plus pom-
peuse. Quoi qu’il en soit, ce morceau fait honneur au
talent de M. Fragonard, et sera toujours bien placé
dans le cabinet d’un amateur. Il est exécuté en grisaille,
mais avec beaucoup de vigueur, par un mélange de
crayon , d’encre de la Chine , de bistre et de blanc.

Nous saisissons cette occasion de rappeler à nos lec-
loading ...