Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1814

Seite: 75
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C 75 )

Planche cinquante-troisième. — La Mort de Britannicus ■
Tableau de M. Abel de Pujol.

Britannicus, trompé par les apparences d’une feinte
réconciliation, a reçu de la main de Néron une coupe
empoisonnée. Mais à peine a-t-il goûté le fatal breu-
vage , qu’il tombe sur son lit et rend le dernier soupir.

Le Peintre a tiré son sujet du théâtre de Racine , et
a mis en action , sur le second plan de son tableau , ce
qui n’est qu’en récit dans la tragédie. Ce récit est fait
par Burrhus. Quant à la belle scène qui s’ouvre ensuite
entre Agrippine, Néron et Narcisse , vil instrument
des cruautés de l’empereur, elle paraît être ici l’objet
capital, puisqu’elle occupe le premier plan. L’artiste a
été également inspiré par le poète , et a su lier avec
goût ces deux scènes isolées. Nous croyons faire plaisir
à nos lecteurs en leur rappelant la dernière, celle que
M. Abel de Pujol a prise pour motif de l’action prin-
cipale de son tableau.

AGRIPPINE.

Arrêtez, Néron, j’ai deux mots à vous dire.

Britannicus est mort ; je reconnais les coups;

Je connais l’assassin.

NÉRON.

Et qui ., madame ?

AGRIPPINE.

Vous.

NÉRON.

Moi ! Voilà les soupçons dont vous êtes capable';

Î1 n’est point de malheur dont je ne sois coupable ;

Et si l’on veut, madame, écouter vos discours ,

Ma main de Claude même aura tranché les jours.

Son Gis vous était cher , sa mort peut vous confondre ;
Mais des coups du destin je ne puis pas répondre.

AGRIPPINE.

Non , non , Britannicus est mort empoisonné;
Narcisse a sait le coup 3 vous l’avez ordonné-.
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