Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1814

Seite: 78
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palais d'Augustin Ghisi. Le sond du tableau annonce
plutôt une chambre de moyenne grandeur, symétri-
quement décorée, que l’atelier d’un artiste tel que
Raphaël.

La position du cardinal, dans une semblable cir-
constance, semblerait être au-dessous de la dignité
d’un prélat ; mais on sait que, lorsque Piaphaël peignait
la galerie d’Augustin Ghisi, fameux banquier , celui-
ci , pour l’engager à ne pas quitter un travail trop
souvent interrompu, lui permit de faire venir près
de lui une femme qu’il aimait éperdument.

C’est probablement ce trait que M. Mallet a eu
l’intention de rappeler, et, pour le présenter avec
plus d’intérêt, il a introduit dans sa composition un
personnage célèbre. Bernard Bibiena est compté
parmi les restaurateurs du théâtre , et sa comédie, in-
titulée Calandra, est la première qui ait été écrite
en prose italienne.

C’est ce même cardinal que son amitié pour Ra-
phaël , qui jouissait d’une grande considération à la
cour de Léon X, porta à lui offrir sa nièce en mariage.
Raphaël, n’osant rejeter cette faveur, demandait sou-
vent des délais -, et le cardinal lui ayant plusieurs
sois rappelé sa promesse, il consentit enfin à la tenir:
mais c’était avec une extrême répugnance qu'il s’y
déterminait. Outre qu’il avait beaucoup de peine à
renoncer à sa liberté, il avait l’espérance d’être com-
pris dans une prochaine promotion de cardinaux. Une
mort prématurée rompit tous ces projets.

Le petit tableau de M. Mallet est touché avec goût,
mais on aimerait à y retrouver l’effet lumineux et toute
la suavité de ton que l’on remarque ordinairement dans,
ses ouvrages.
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