Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1814

Seite: 89
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Planche soixante-quatrième. — Vénus et l’Amour;

Tableau de M. Régnault.

L’auteur de ce joli tableau en a puisé le sujet dans
le Temple de Guide. « Un jour que j’errais dans les
bois d’Idalie avec la jeune Céphise, je trouvai l’Amour
qui dormait couché sur des sseurs et couvert par quel-
ques branches de myrte, qui cédaient doucement aux
haleines des zéphirs. Les Jeux et les Ris , qui le suivent
toujours , étaient allés folâtrer loin de lui : il était

seul.Il faut, dit Céphise , lui couper les ailes,

afin qu’il n’y ait plus sur la terre d’hommes volages ;
car ce dieu va de cœur en cœur et porte partout l’in-
constance. Elle prit des ciseaux et s’assit ; et, tenant
d’une main le bout des ailes dorées de l’Amour, je
sentis mon cœur frappé de crainte ; elle coupa le
sommet des ailes de l’Amour, laissa ses ciseaux et
s’ensuit.

« Lorsqu’il se sut réveillé, il voulut voler, et il
sentit un poids qu’il ne connaissait pas. Il vit sur les sseurs
le bout de ses ailes ; il se mit à pleurer. Jupiter, qui
l’aperçut du haut de l’Olympe, lui envoya un nuage
qui le porta dans le palais de Gnide, et le posa sur le
sein de Vénus. Ma mère, dit-il, je battais de mes ailes
sur votre sein ; on me les a coupées; que vais-je
devenir? Mon fils, dit la belle Cypris , ne pleurez
point, restez sur mon sein , ne bougez pas5 la chaleur
va les saire renaître. Ne voyez-vous pas qu’elles sont
plus grandes ? Embrassez-moi, elles croissent ; vous
les aurez bientôt comme vous les aviez ; j’en vois déjà

le sommet qui se dore ; dans un moment.C’est

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