Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1817

Seite: 12
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Planche quatrième. — Renaud et Armide. Tableau de
M. Ansiaux.

La Jérusalem délivrée a fourni le sujet de celte pein-
ture gracieuse ,' bien coloriée et d’un effet piquant.
L balde et le chevalier danois ont pénétré dans le palais
d’Armide. Ils aperçoivent, à travers le feuillage, Re-
naud oubliant dans les bras de l’enchanteresse, la for-
tune et la gloire qui l’appellent au camp de Godefroy.

Les deux guerriers, de l’asile qui les cache , con-
templent les jeux et l’ivresse des deux amans. Au côté
de Renaud pendait un miroir, confident discret des
amoureux mystères. Il met le cristal entre les mains
d’Armide ; ses yeux , tout brillans de plaisir, y cher-
client son image ; Renaud fait son miroir des yeux de
son amante. «Tourne, lui disait-il, ah! tourne sur moi
ces regards qui portent dans mon âme l’ivresse du
bonheur; c’est dans mon cœur que tu verras tou
image : l’amour, d’un trait de flamme, l’y grava bien
mieux que ne la rend cet infidèle miroir. Cruelle ! tu
me dédaignes; un vil mortel est indigne de fixer tes
yeux et ta pensée : ne contemple que ce ciel qui s’em-
bellit de tes charmes , et ces astres jaloux qu’efface
ta beauté. Armide sourit, mais toujours elle s’admire
et compose sa parure; elle rappelle sur sa tête ses che-
veux errans , les entrelasse , les tresse, les arrondit en
boucles , et les fleurs qu’elle y mêle brillent comme
l’émail enchâssé dans l’or. Elle marie la rose aux lis
de son sein, et le couvre de son voile. »

Ce tableau, dont les figures sont de grandeur natu
relie, est le pendant de celui d’Angélique et Médor,
que M. Ansiaux a osfert à l’une des expositions pré^
eédentes.
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