Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1817

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Planche sixième. — JJArwste surpris dans les montagnes

de l’Apennin par une bande de voleurs ■ tableau de

chevalet, par M. Mauzaisse.

L’Arioste, issu d’une famille alliée aux ducs de
Ferrare, dut à ses talens et à sa probité autant qu’à sa
naissance l’avantage d’être attaché au cardinal Hippo-
lyte d’Est, et, après la mort de ce prélat, à son frère
Alphonse Ier, duc de Ferrare, qui l’appela à sa cour
çt le fit entrer dans son intimité. L’Arioste fut même
chargé pendant quelque temps du gouvernement d’une
province de l’Apennin qui s’était révoltée et qu’infes-
taient des bandits et des contrebandiers. Il appaisa
tout, et acquit dans la province un grand empire sur
les esprits, et en particulier sur ces hordes de vo-
leurs. Dans ses promenades , s’étant un jour éloigné
d’une forteresse où il faisait sa résidence , il tomba
entre leurs mains. Un d’eux le reconnut et avertit ses
compagnons que c’était le seigneur Arioste. Au seul
nom d’Arioste, de l’auteur du poème du Roland fu-
rieux , tous ces brigands tombèrent à ses pieds et le
reconduisirent jusqu’à la forteresse, en lui disant que
la qualité de poète leur faisait respecter dans sa per-
sonne le titre de gouverneur.

Aux accessoires dont M. Mauzaisse a orné son ta-
bleau, aux épisodes qu’il y a introduits et que le trait de
la gravure indique suffisamment, on reconnaît un ar-
tiste capable de varier et d’ennoblir tous les sujets qu’il
voudra traiter dans quelque genre que ce soit. Le.
principal personnage a de la dignité, et son habille-
ment en satin blanc, relevé d'un manteau de velours
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