Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1817

Seite: 29
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Planche seizième. — Louis XIII et Mademoiselle de la
Fayette , par Madame Servières.

Les tableaux qui, comme celui-ci , réunissent la
grâce et la simplicité du sujet, /et peuvent admettre
la vérité des portraits, la richesse ou l’élégance du cos-
tume moderne semblent être dans les arts d’imita-
tion ce que sont les romans dans la littérature. Il
appartient aux femmes de se distinguer dans l’un et
l’autre genre de composition, et de disputer le prix
aux hommes qui y ont obtenu le plus de succès ;
c’est même dans un roman , ouvrage d’une femme
célèbre , que Madame Servières a puisé le sujet de
son tableau.

Mademoiselle de la Fayette , se promenant avec lô
Roi dans la Forêt de Saint-Germain , rencontra une
vieille femme qui lui demanda l’aumône, en lui disant
que sa fille venait de rester veuve avec deux enfans , et
qu’ils étaient tous dans la plus grande misère. Ma-
demoiselle de la Fayette lui donna quelques pièces
de monnaie, et promit de revenir sous peu de jours.
Le lendemain, le roi se rend, seul, à la chaumière
de ces pauvres gens ; la vieille était absente ; il ne
se fait pas connaître , et remet à la jeune veuve une
somme d’argent de la part de mademoiselle de la
Fayette. Celle-ci arrive quelques instans après, et,
en entrant dans la cabanne ( c’est le moment choisi
par l’artiste), elle aperçoit Louis XIII, assis sur
une escabelle, berçant le plus jeune des enfans, et
laissant jouer l’autre à ses côtés. Elle est prête à ex-
primer sa surprise et son admiration} mais le Roi lui
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