Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1817

Seite: 45
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Planche vingt-septième et vint-huitième. — Saint-Louis
recevant le viatique. Tableau de M. Meunier.

Plusieurs artistes, consacrant leurs pinceaux à l’une des circons-
tances les plus pathe'tiques de l’histoire de Saint-Louis, l’ont re-
présente sur son lit funéraire, ou prêt à rendre le dernier soupir.
L’auteur du tableau dont il s’agit dans cet article a choisi le mo-
ment où, la -veille de sa mort, le saint roi reçoit le -viatique dan»
sa tente , au milieu de son camp,

A l’approche du prêtre qui lui pre'sente la sainte hostie , le mo-
narque, soutenu par ses deux fils, Philippe le Hardi, et Pierre,
comte d’Alençon, se lève avec ferveur et s’élance en quelque
sorte au-devant de son Dieu. La reine de Navarre, sa fille , est à
genoux au pied du lit ; plus loin, Godefroy de Beaulieu , son con-
fesseur et l’historien de sa vie, recueille ses paroles. Quelques
chevaliers , témoins de cette scène auguste, expriment de diverses
manières les sentimens de douleur et de respect dont ils sont péné-
trés. La tente entr’ouverte laisse apercevoir le camp des chrétiens,
des soldats morts ou mourans et le fleuve qui sépare les deux
armées.

Ce sujet plein d’onction, et traité avec l’habileté d’un peintre
auquel la pratique de son art est familière, aurait sans doute ob-
tenu tout le développement dont il est susceptible , si M. Meynier
avait eu le choix des dimensions ; mais, obligé de se renfermer dans
un petit espace ,<sept pieds de haut sur cinq de large , son pinceau
semble avoir perdu de cette liberté et de cette fermeté qui carac-
térisent généralement ses productions. Celle-ci néanmoins lui fait
honneur , et se distingue par la majesté de l’ordonnance , la correc-
tion du dessin, le goût des draperies et la dignité des caractères. Il
est à désirer, pour l’avantage de M. Meynier et pour celui de notre
école, que des entreprises plus importantes soient confiées à un
artiste qui, dans toutes les occasions, a fait preuve de talent et de
zèle.

M. Meynier vient de terminer pour l’appartement de Monsieur,
au château des Tuileries, quatre tableaux servant de dessus de
porte , qui, pour cette raison, n’ont pu être exposés au salon. Ce
sont quatre demi-figures du genre allégorique et de proportion
colossale ; elles représentent la Paix, la Justice, la Force et la
Magnanimité, avec leurs attributs.
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