Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1817

Seite: 47
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Planche trentième. — Anmbal Carrache et le Josépin,
Tableau de M. Pérignon.

Le Josépin, dont la manière de peindre, légère et
facile, avait dégénéré dans une pratique vicieuse , éga-
lement éloignée de l’antique et de la nature, était
vain de ses succès , qu’il devait moins à son talent qu’à
l’esprit d’intrigue , partage ordinaire de la médiocrité.
Il sut gagner la faveur du pape et des principaux sei-
gneurs, et cette protection lui fit donner en plusieurs
occasions la préférence sur des artistes qui la méri-
taient mieux que lui. Néanmoins, toujours mécontent
de son sort et des honneurs dont le comblaient les sou-
verains, il était si rempli de lui-même, qu’il en agis-
sait durement avec les personnes du rang le plus dis-
tingué , et Clément VIII sinit par se rebuter de ses
manières; aussi la réputation de Josépin, en quelque
sorte usurpée, diminua beaucoup à sa mort, et ses ou-
vrages furent dans la suite très-faiblement recherchés.

De tous les ennemis qu’il s’était attirés , le Caravage
était le plus irascible et le plus opiniâtre. Il osa même
l’attaquer; mais Josépin, que le pape avait nommé
de l’ordre de Christ, et Henri IV de celui de Saint-
Michel , refusa de se battre , sous le prétexte que le
Caravage n’était pas chevalier , ce qui obligea ce der-
nier à aller à Malte pour se faire recevoir chevalier
servant. Cependant le Josépin se montra moins difficile
à l’égard d’Annibal Carrache. On raconte (cette anecr
docte sait le sujet du tableau dont nous donnons ici
l’esquisse) que Josépin , ayant appris qu’Annibal Car-
rache avait critiqué un de ses ouvrages, alla le trouver,
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