Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1817

Seite: 51
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Flanche trente-troisième et trente-quatrième. -— Fran-
çois Ier, armé chevalier par Bayard; tableau de

M. Ducis.

François Ier, devenu roi de France en ï5i5, à la
mort de Louis XII, son beau-père, se mit, l’année
même de son avènement au trône, à la tête d’une puis-
sante armée, pour aller se rendre maître du duché de
Milan , auquel il prétendait, comme héritier de Valen-
tine de Milan, son ayeule. Il n’ignorait pas crue les
Suisses s’étaient emparés du Mont Genèvreetdu Mont-
Cenis, et qu’i!s s’opposaient à son passage; mais Fran-.
çois Ier, qui n’avait alors que ai ans, espérait tout de
son courage et de celui de ses troupes. Il sranchit les
Alpes par des défilés jusqu’alors impraticables , et se
vit bientôt aux plaines de Marignan, où il sut attaqué
par les Suisses. La bataille dura deux jours. Le roi ne
perdit pas le sang-froid dans cette action aussi longue
que meurtrière. Il avait passé une partie de la nuit à
ranger ses troupes et une autre partie sur i’afïut d’un
canon, en attendant le jour. Les Suisses surent enfin
obligés de suir, laissant sur le champ de bataille plus
de dix mille de leurs compagnons , et. abandonnant le
Milanais aux vainqueurs. Bayard avait toujours com-
battu à côté de François Ier, et c’est à cette occasion
que le roi voulut être armé chevalier de la main de ce
guerrier, suivant les usages de l’ancienne chevalerie.
La cérémonie eut lieu au milieu du camp et en pré-
sence des personnages les plus distingués de l’armée j
c’est lorsqu’elle sut terminée que Bayard prononça ces
paroles mémorables : « Tu es bien heureuse, mon épée,
d’avoir aujourd’hui à si vertueux et si puissant roi
donné ordre de chevalerie ! »

C’est ce dernier moment que M. Ducis a choisi pour
le sujet de son tableau. On voit au nombre des specta-
teurs l’amiral Bonivet, Louis de la Trémouille, l’Al-
viane, général vénitien, le chancelier Duprat, Al-
phonse, duc de Ferrare, l’Arioste, le maréchal Trivuîce,
et le connétable de Bourbon , qui a peine à contenir
son dépit. Le jeune comte de Guise, qui vient d’être
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