Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1817

Seite: 55
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Planche trente-septième. — Mort de l'ahhe Edgeworth ,
dernier consesseur de Louis XVI. Tableau de
M. Menjaud.

Pour l’intelligence du sujet, nous rappelons litté-
ralement la note inscrite dans le catalogue du salon.

Madame , duchesse d’Angoulême , ayant appris que
l’abbé Edgeworlli était dangereusement malade d’une
fièvre contagieuse qui l avait atteint au milieu des
soins qu’il donnait à des prisonniers français, envoyés
à l’hôpital de Mittaw, résiste aux représentations qu’on
lui sait sur le danger auquel elle s’expose. « Moins il a
a de connaissance de sa position et de ses besoins, dit
« la princesse, plus la présence d’une amie lui est né-
« cessaire; et dussent tous les autres suir la contagion,
« je n’abandonnerai jamais celui qui est plus que mon
« ami; l’ami noble et généreux de toute ma samille,
«< qui a quitté la sienne et sa patrie pour nous.... Rien
« ne m’empêchera de soigner l’abbé Edgeworth ; je ne
u demande à personne de m’accompagner. » Cette au-
guste princesse a reçu son dernier soupir. ( Extrait des
Mémoires de l’abbé Edgeworth de Firmont, dernier con-
sesseur de Louis XVI, )

Ce petit tableau, où l’artiste a mis tous ses soins,
toutes les convenances du sujet et cette finesse de sen-
timent et d’expression que donne aux artistes bien nés
une éducation peu commune , a réuni tous les susfrages
et reçu les éloges les plus flatteurs. Le portrait de
Madame est l’un des plus ressemblans que l’on ait vus.
Son attitude est pleine de grâce et de naturel. La figure
du mourant et celle de l’ecclésiastique qui le soutient,
sont de l’expression la plus vraie , et le ton général
du tableau est extrêmement suave et harmonieux.
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