Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1817

Seite: 60
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l’ordonnance, la force ou la finesse de la pensée, la
beauté des formes, le choix des détails, la pureté de
l’exécution. Nos lecteurs, jusqu’à ce jour, ont bien
voulu se contenter de l’explication simple du sujet,
et d’un trait léger, lequel toutesois indique la dispo-
sition et le caractère des objets beaucoup mieux que
ne le serait la description la plus exacte et la plus
scrupuleuse.

Didon assise, ou plutôt demi-conchée sur un lit de
repos, écoute avec un vif intérêt le récit des aven-
tures d’Enée. Ses regards , fixés sur le héros, sont
tout-à-la-fois languissans et animés ; et sa passion
naissante se peint dans son attitude comme dans tous
les traits de son visage. Cupidon, qui vient d’emprunter
ceux du fils d’Enée, pour tromper la reine et mieux
assurer son propre triomphe , est à ses côtés; et sei-
gnant de jouer innocemment avec la main de Didon,
retire en souriant l’anneau de Sichée, dont naguères
cette princesse portait le deuil et déplorait la mort
suneste. Anne, sa sœur et sa considente, est debout
derrière elle, appuyée sur le dossier du lit, et ne
paraît attentive qu’au récit des malheurs de Troie.
Du côté opposé , Enée assis et le casque en tête, semble
tout occupé de satisfaire l’avide curiosité de la belle
reine de Carthage , et ne se douter nullement de l’im-
pression prosonde qu’il a faite sur son cœur.

Le lieu de la scène est une terrasse du palais de
Didon, à l’extrémité de laquelle se trouvent la sta-
tue et l’autel de Neptune, placés sous une colon-
nade dont la masse porte une ombre vague sur
Je groupe principal. Ce groupe se détache en vigueur
d’un sond de ciel sans nuages , dont la teinte lé-
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