Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1817

Seite: 62
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rien de ce qui pouvait contribuer à la beauté et à îss
perfection de ses ouvrages. Cette fois peut-être a-t-il
porté trop loin ce goût, d’ailleurs très-louable, d’un
travail précieux. Ces broderies et ces incrustations,
multipliées sur les vêtemens et sur les meubles, sont
assez conformes au style des peintures antiques, et se
rapprochent encore plus de nos modes actuelles. Mais
elles se confondent un peu avec d’autres détails ac-
cessoires, tels que les mouchetures répandues sur la
robe de Didon, et sur les peaux de tigre et de léo-
pard qui couvrent le lit de la reine et le siège d’Enée,
avec les couleurs du pavé en mosaïque et les ornemens
de la balustrade qui entoure la terrasse, et semblent
à l’envi briller aux dépens de l’objet principal. Du
moins on ne peut nier que ces détails causent des
distractions involontaires, et l’on voudrait donner
toute son attention aux personnages que l’artiste a su
représenter avec tant de dignité, de grâce, et de vérité
d’expression.

M. Guérin a montré, dans ce bel ouvrage, l’intention
de se créer un style qui lui soit propre, et d’altacher
le spectateur par la réunion magique de toutes les res-
sources du beau idéal.

Ce style lui appartient, et quoi qu’en puissent dire
les partisans de l’imitation purement matérielle ,
M. Guérin fera bien de le conserver. Cependant nous
n’oserions pas le proposer pour modèle aux jeunes
peintres que la nature n’aurait pas doués de la justesse
d’esprit, et surtout du sentiment des convenances, qui
maintiennent l’imagination dans les bornes du goût,
au-delà desquelles on ne trouve plus que des beautés
sactices et de la prétention.
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