Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1817

Seite: 63
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Planche quarante-deuxième. — Clytemnestre. Tableau
de M. Guérin.

Ce que l’on nomme, clans l’œuvre du peintre ou du
sculpteur, première idée, pensée , intention, disposi-
tion de la scène, quel qu’en soit le mérite ou la nou-
veauté, ne suffit pas, pour constituer un bon ouvrage,
ni même pour en saire considérer le résultat comme
une production de l’art, dans le sens le plus rigou-
reux : la vérité de l’exécution doit s’y trouver réunie.
Ce mérite seul, tant il est rare et dissicile à acquérir,
assignerait un rang distingué aux ouvrages fondés sur
l’idée la plus simple et la plus commune. La première
de ses observations , sentie de tous les artistes , échappe
assez généralement aux gens du monde ) et la plupart
des hommes de lettres qui écrivent sur les beaux-
arts, ne semblent pas en être pénétrés. Aussi voit-
on souvent les productions les plus faibles et les plus
défectueuses fournir la matière de descriptions sédui-
santes, et commencer ces réputations mal affermies,
dont le temps et l’opinion générale font justice tôt ou
tard. Aussi, combien de morceaux , remarquables
seulement par une exécution savante, et par ce res-
sort pittoresque qui leur assigne un rang distingué
parmi les ouvrages de l’art, ont été jugés avec rigueur
ou vus avec indifférence , parce que l’on n’y a pas
trouvé la grandeur, la grâce ou la piquante origina-
lité de la pensée ?

Mais lorsqu’un tableau ou une statue réunissent l’in-
térêt du sujet et la beauté de l’exécution, l’auteur est
sûr de captiver tous les suffrages, de satissaire non-
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