Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1817

Seite: 67
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Planche quarante-troisième et quarante-quatrième. —

Bataille de Toloza, entre les Espagnols et les Maures.

Tableau de M. Horace Vernet.

Pour saire mieux sentir l’ordonnance de cette im-
portante composition, nous allons rappeler le trait
historique dont le peintre a saisi l’esprit avec une
grande vivacité d’imagination , et surtout avec cette
finesse et cette sermeté de pinceau qui décèlent un
artiste né avec les plus rares dispositions.

L'an 1212, les rois de Castille, d’Arragon, et de
Navarre, avant réuni leurs sorces , marchèrent contre
les Maures , que commandait Mahomet el Nazir. Les
deux armées se rencontrèrent au pied des montagnes
de la Sierra-Morena, dans un lieu nommé las Navas
de Tolosa. Les chrétiens, conduits par un berger, as-
sirent leur camp sur des hauteurs en face de l’en-
nemi , et y restèrent immobiles pendant deux jours ,
se préparant au combat par des exercices de piété Le
troisième jour , i6 juillet, ils se mirent en bataille et
attaquèrent les Maures sur tous les points. Rodrigue,
archevêque de Tolède, précédé d’une grande croix
que portait un chanoine, et qui servait d’enseigne
principale, animait les Espagnols par sa présence et
par ses exhortations , et les ramena plus d’une fois au
combat. Mahomet s’était placé sur une éminence au
centre de son armée , et en avait désendu l’approche
par une espèce de barrière formée de chaînes de ser
et gardée par l’élite de sa nombreuse cavalerie , qui
avait mis pied à terre ; et là, le sabre dans une main
et l’Alcoran dans l’autre, il encourageait ses troupes
en invoquant le prophète. La mêlée fut terrible ;
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