Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1817

Seite: 74
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deux ouverts, et le sils de l’homme, qui est debout
à la droite de Dieu. » A ce langage extatique , les
Juifs, ne se possédant plus, traitèrent S. Etienne de
blasphémateur, et résolurent de le mettre à mort sans
autre sorme de justice; et, se jetant sur lui, ils le
traînèrent hors de la ville pour lui saire subir la peine
due aux blasphémateurs.

Ce récit peut seul donner l’explication du tableau ;
car les artistes ont en général choisi le moment où ,
succombant sous les coups d’une multitude effrénée,
S. Etienne est renversé et prêt à rendre le dernier
soupir. Mais l’auteur du morceau dont il s’agit a pré-
féré l’instant où le martyr , dans un élan d’un saint
enthousiasme , s’écrie : « Je vois les deux ouverts » î
et se livre comme de lui-même à la sureur de ses en-
nemis. Ce dernier motis présente des mouvemeus
moins prononcés, une action moins forte, mais en
même temps une expression plus délicate, et par
conséquent plus dissicile à saisir. M. Abel l’a sage-
ment indiquée; mais il ne semble pas l’avoir assez mé-
ditée et approfondie.

Lorsque S. Etienne, ravi comme en extase, dit aux
Juiss qu’il voit les deux ouverts, et par ces paroles
attire nécessairement les regards de quelques - uns
cl’entve eux vers la région céleste , la présence des
deux Anges qui déjà lui apportent la palme et la cou-
ronne du martyre , et qu’il semble leur montrer, pro-
duit une double équivoque, et pour les personnages
qui concourent à cette scène tumultueuse, et pour le
spectateur du tableau. Dans l’état actuel, l’indication
du sujet n’est donc pas assez précise. Cependant la
suppression des deux sigures mystiques eût pu rendre
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