Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1817

Seite: 75
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amemba_salon1817/0122
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
( 73 }

au principal personnage la véhémence et la vérité cia
l’inspiration qui doit le caractériser.

Quant à l’exécution du tableau, à quelques incor-
rections près , elle ne mérite que des éloges, et pro-
met à notre Ecole un talent d’autant plus remarquable
qu’il est vrai, brillant, et tout à la sois solide, exempt
d’affectation et de manière.

La figure, vue de dos , sur le premier plan , offre
plutôt ce que l’on nomme une pose académique qu’un
personnage adapté parsaitement à l’action générale.
On-a pensé que cet homme, tenant une pierre dans
sa main droite , dont il menace S. Etienne , appelait,
en détournant la tête, ceux de ses compagnons qui
le suivent, et leur montrait de la main gauche un
amas de pierres propre à servir l’exécution de leur
dessein. Mais cette idée accessoire est inutile au déve-
loppement du sujet, et, s’il faut le dire, trop puérile
pour qu’on puisse la prêter à l’artiste. Il est plus vrai-
semblable que , satissait de cette figure dont la pose
est heureuse et relevée par un bon goût de dessin et un
beau coloris , M. Abel a désiré la conserver et en or-
ner son tableau, sans trop chercher à se rendre compte
de l’utilité ou de la justesse de l’intention.

On remarque dans l’attitude du Juis qui se bouche
les oreilles pour ne pas entendre les paroles de
S. Etienne, un écartement des jambes qui paraît sorcé,
à peu près impossible, et détruit l’aplomb de cette
figure; et l'on ne voit pas trop sur quoi pose celui qui
avance les bras en grinçant les dents. Quant aux deux
personnages plus éloignés, dont l’un retient le bras du
nègre armé d’une pierre, l’artiste n’en a pas sans
doute calculé le plan selon les règles de la perspec-
loading ...