Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon — 1817

Seite: 80
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expositions précédentes, pouvaient seules nous engager
à donner le trait de ce morceau , dont la disposition,
sous le rapport des lignes, est assez bien entendue.
Entouré de jeunes peintres ses contemporains , qui tous
se pressent à l’envi dans la bonne route, comment se
fait-il que M. Lordon seul s’en écarte aussi visible-
ment? espère-t-il obtenir le sussrage des artistes? Le
goût de l’Ecole se persectionne de jour en jour. Veut-il
séduire les gens du monde? Le vrai seul a droit de
plaire à ceux qui ne jugent que d’après leurs propres
sensations.

M. Lordon a exposé un autre tableau commandé
pour l’église de S. Gervais. Le sujet est l’Annoncia-
tion , sujet que devaient caractériser la douceur et la
modestie; mais, en cherchant la grâce, l’artiste n’a
trouvé que la mignardise ; et, jusqu’aux draperies,
jusqu’aux masses d’ombre et de lumière, tout s’y res-
sent d'un style vicieux. Les peintures , depuis long-
temps oubliées, des Lemoine, des Boucher , des Na-
toire, n’étaient pas plus éloignées de la nature. Nous
nous serions mépris sur le caractère de M. Lordon ,
si nos observations, à Ja vérité , sévères , mais justes ,
lui semblaient avoir d’autre motif que l’amour de l’art.
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