Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 17
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Planche 7.°—Trait de vertu conjugale; tableau de
M. Busset.

[Hauteur, 7 pieds 1/2; largeur, 7 pieds.]

Blanche de Rossi, femme de Baptiste de Porta, peut
être mise au rang des victimes de sa chasteté'. Son mari
ayant été tue, en 1233, à la prise de Bassano, dont il
était gouverneur pour l’empereur Othon, cette héroïne,
après avoir redouble' d’efforts et de courage pour dé-
fendre la place, tomba au pouvoir du tyran Acciolin,
qui l’assiégeait. Les grâces et l’air majestueux de la pri-
sonnière firent une si vive impression sur le brutal
vainqueur, qu’il voulut la forcer de satisfaire ses désirs.
Elle ne s’en garantit qu’en se jetant par une fenêtre. Le
temps qu’exigea la guérison des blessures causées, par sa
chute, n’éteignit point les feux impurs du tyran. Ayant
épuisé toutes les ressources de la séduction, il la fit lier
sur un lit pour assouvir sa passion effrénée. Cette femme
outragée dissimula son désespoir, et demanda la liberté
de revoir le corps de son mari. A peine le sépulcre est-
il ouvert qu’elle s’y précipite, et, par un essort extraordi-
naire, attirant sur elle la pierre qui couvrait le tombeau,
elle en fut écrasée.

L’auteur du tableau n’a pas suivi littéralement le trait
historique ; il a éludé le moment de la catastrophe.
Blanche, dans l’attitude du plus sombre désespoir,
semble près de rendre le dernier soupir sur le corps de
son époux. La scène est éclairée par l’ouverture pra-
tiquée au-dessus du tombeau; Blanche y est descendue
à l’aide d’une draperie qu’on voit encore attachée à l’en-
trée du souterrain.

1. Salon de 1819.

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