Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 19
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Planche 8.c—Dévouement patriotique de six Bourgeois
de Calais ; tableau de M. SchefFer.

[Hauteur, lOpieds 1/2; largeur, 12pieds.]

La ville de Calais, assiégée en 1347 par Edouard III,
roi d’Angleterre , fut réduite à se rendre par la famine.
Ce prince, irrite" de la résistance opiniâtre des habitans,
et de tout ce qu’elle lui avait coûte" à lui et à ses sujets,
avait résolu d’en tirer une vengeance exemplaire, et ne
voulait recevoir la ville à aucune condition qui put mettre
des bornes aux châtimens qu’il leur reservait. Mais,
Walter Manny ayant représente" au roi le danger des
repre"sailles, s’il traitait ainsi les habitans de Calais, il
se laissa ensin persuader d’adoucir la rigueur des condi-
tions demandées : il exigea seulement que six des ci-
toyens les plus recommandables lui fussent envoyés,
pour qu’il en disposât comme il jugerait à propos ; qu’ils
vinssent à son camp lui apporter les clefs de la ville,
tête et pieds nus, et la corde au cou; et, à ces condi-
tions , il promit d’épargner la vie de tout le reste. Cette
réponse plongea les habitans de Calais dans la conster-
nation : l’un des principaux d’entre eux, Eustache de
Saint-Pierre, dont le nom mérité d’étre transmis à la
postérité, déclara qu’il se dévouait pour le salut de ses
amis et de ses compagnons ; un second, un troisième, se
présentèrent egalement, et le nombre des victimes deman-
dées se trouva aussitôt complété. Résignés au sort qui les
attendait, ils furent traînés devant Edouard comme au-
raient pu l’être des malfaiteurs, déposèrent les clefs de
Calais à ses pieds, et reçurent l’arrêt de leur mort. Le
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