Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

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prince semblait vouloir persister dans cette résolution
barbare : mais les supplications de la reine son épousé
garantirent sa mémoire de cette tache ; elle se jeta à ses
genoux, les yeux baignes de larmes, lui demanda la vie
de ces citoyens ; elle lui fut accordée.

On voit dans le tableau Eustache de Saint-Pierre et
son fils marchant à la ttfe des citoyens qui se sont dé-
voués comme eux au salut de leurs compatriotes. Ils
sortent en chemise, les pieds nus et la corde au cou, pour
se rendre au camp des Anglais , où les attend le supplice,
Eustache porte les clefs de la ville. Leurs parens et leurs
amis les ont suivis jusqu’à la porte où doit se faire la
cruelle séparation; des soldats anglais les conduisent.
Parmi la foule on remarque Jean de Vienne, gouverneur
de Calais, se cachant le visage.

Dans un tableau de la mort de S. Louis, expose" au
salon de 1817, M. Schesfer avait manifeste le goût des
compositions pathétiques; mais il lui restait à acquérir
la correction du dessin, la variété" du coloris, l’agré-
ment du pinceau. Depuis ce temps, M. Schesfer a fait
des progrès considérables ; ses sigures, toutes expressives f
sont fortement modelées. On aimerait à trouver un peu
plus de noblesse dans quelques-uns des citoyens de
Calais, sur-tout dans les traits d’Eustache de Saint-Pierre ,
que l’on prendrait plutôt pour un criminel que pour un
héros du patriotisme. L’esset de ce tableau, néanmoins
l’un des meilleurs de 1 exposition, est morne et trop peu
varié : mais le caractèi e du sujet peut saire excuser ce
défaut; et peut-être serait-il moins apparent, sans le
voisinage de deux ou trois autres tableaux où l’on trouve
la fraîcheur et la vivacité du coloris.
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