Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 21
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Planche 9.e— Lebon Samaritain; tableau de M. Frosie.

[Hauteur, 7 pieds; largeur, 10 pieds, ]

Un homme allant de Jérusalem à Jéricho tomba entre
les mains des voleurs, qui le dépouillèrent, et, après
l’avoir cruellement blesse, le laissèrent à demi mort. Un
prêtre et ensuite un lévite passèrent près de lui sans
daigner le secourir ; mais un Samaritain le vit, et sut ému
de compassion. Il s’approcha de lui, versa du vin et de
l’huile dans ses plaies, les banda; puis, l’ayant mis sur son
cheval, il le mena dans une hôtellerie, et lui sit donner les
soins nécessaires à sa guérison.

Ce trait touchant d’humanité a exercé le pinceau des
plus célèbres artistes. Le Musée royal possède le Sama-
ritain de Rembrandt, tableau de chevalet, cité comme
l’un de ses meilleurs ouvrages. La composition est pleine
de naturel, et soutenue par une force de clair-obscur qui
n’appartient qu’à ce maître : mais combien on regrette,
en l’admirant, de n’y trouver ni la dignité des caractères,
ni la correction du dessin, ni l’exactitude du costume,
qui seules relèvent les productions du genre historique !
Assurément nous sommes loin de vouloir comparer ce
morceau de Rembrandt avec le tableau de M. Frosté; mais
on ne peut refuser à ce dernier quelques eloges pour le
style et la sagesse de la composition , le dessin des nus et
l’ajustement des draperies. Son pinceau pourrait être plus
ferme, sa touche plus brillante; mais son coloris est large
et moelleux. Les trois figures qui composent le groupe
sont un peu pressées, et semblent isolées au milieu du
cadre. Cet inconvénient n’aurait pas lieu, si l’artiste
eut jeté plus de lumière dans le fond de son tableau.
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