Musée et l'Ecole Moderne des Beaux-Arts <Paris>   [Hrsg.]
Annales du Musée et de l'Ecole Moderne des Beaux-Arts / Salon: Salon de 1819 — 1819

Seite: 26
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n’a point encore vu se ranimer celui qu’elle pleure si
amèrement. Les disciples de Jésus, qui jamais ne s’ap-
prochaient de lui qu’avec respect, l’entourent ici sans le
presser, et paraissent plus touches que surpris de ce
nouveau prodige.

Sans doute la critique réclame une part dans l’examen
de ce tableau ; mais elle ne doit pas s’arrêter aux détails,
dont l’indication minutieuse aurait peu d’utilité pour
l’artiste et peu d’intérêt pour le lecteur. Nous allons
nous borner à quelques observations générales.

Un désaut essentiel, dont on ne trouverait peut-être
pas un seul exemple dans les compositions même les
plus médiocres, nuit ici à la netteté et à la simplicité de
la disposition. Il est reconnu, et c’est un principe admis
par la raison et le goût, que le devant do la scène doit
toujours être libre ; que , sous aucun prétexte , on ne
peut se permettre de l’embarrasser : car le spectateur
éprouve une sorte de gêne et de contrainte, s’il ne sent
la possibilité d’entrer, pour ainsi dire, de plain pied
dans le tableau, et de pénétrer jusqu’au centre de l’ac-
tion. Or, comment se ferait-il un passage au milieu de
cet amas d’objets accessoires, et de personnages secon-
daires , la plupart inutiles, que le peintre a placés là
pour porter ou accompagner le mort jusqu’au lieu de sa
sépulture ? Ces figures ne font que détourner l’attention ;
et, par leurs proportions gigantesques , elles cessent
d’être en rapport avec celles qui doivent tenir le pre-
mier rang.

D’après quelle autorité le peintre s’est-il cru obligé
de vêtir de noir la veuve de Naïm et de lui donner le
costume d’une religieuse ? En s’interdisant l’emploi de
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